La démocratisation au Taiwan

La démocratisation au Taiwan  

1.     Repères historiques 

Ambiguïté de la dénomination de l’Etat

Le Taiwan est aussi connu sous le nom de République de Chine ou Taipei Chinois. Ces appellations différentes font référence aux disputes territoriales et politiques irrésolues entre la République Populaire de Chine et le Taiwan.       

Création de l’Etat et développement ultérieur

Le Taiwan a été créé en 1912 en tant que république avec comme premier président Sun Yat-sen. Depuis 1928, il a été en proie au gouvernement communiste du Kuomintang (KMT). Dans les années ’80-’90 c’est un processus de démocratisation qui se fait jour au Taiwan. Les réformes politiques ont commencé dans les années ’70 précédées par un progrès industriel impressionnant et dans les années ’90 on passait déjà du parti unique au multipartisme. En 1987, le leader du KMT, Chiang Ching-kuo met fin à la loi martiale qui durait dans le pays depuis 1949 : cet événement manque le début de la démocratisation. Les partis politiques d’opposition sont légalisés en 1989. Dans les années 1991-1992 il y a eu les premières élections législatives libres auxquelles ont participé plusieurs partis. La première élection présidentielle a eu lieu en 1996. En 2000, c’est le moment du premier changement de pouvoir, le KMT perd le pouvoir à la faveur du Parti Démocratique Progressif (PDP) qui soutient l’indépendance du pays face à la Chine. L’Etat n’est pas officiellement indépendant de la Chine ni même de nos jours, mais agit de facto comme s’il l’était. Chen Shui-bian, du PDP, est élu en 2000 et en 2004 il est réélu. De nouvelles élections présidentielles auront lieu en mai 2008.     

Aujourd’hui, la scène politique du Taiwan est divisée en deux grandes coalitions : d’un côté, la Coalition Pan-Bleue – qui se situe au centre-droit et qui est pour l’unification du Taiwan avec la Chine et qui comprend le KMT, le Premier Parti du Peuple (PPF) et le Nouveau Parti et de l’autre côté, la Coalition Pan-Verte – qui se situe au centre-gauche et qui est pour l’indépendance du pays et qui comprend le PDP et l’Union de la Solidarité de Taiwan (UST). 

2.      Repères théoriques  

Démocratisation

Robert Dahl dit que pour qu’une association fonctionne selon un processus démocratique (la prise de décision se fait d’une manière démocratique), il faut prendre en compte plusieurs critères : la participation effective (chaque membre doit bénéficier de l’opportunité d’exprimer son avis avant qu’une décision soit prise), l’égalité du vote (tous les voix ont un poids égal), l’entendement illuminé (chaque membre a la possibilité de s’informer sur les décisions alternatives et leurs conséquences respectives), le contrôle sur l’agenda (le droit pour chaque membre de donner son opinion sur la priorité des politiques à adopter) et l’inclusion des adultes (tous les personnes adultes qui résident en permanence dans le cadre de l’association ont les droits des citoyens, c’est-à-dire ceux qui ont été énoncés dans les premiers quatre critères).[i] 

En remplissant ces conditions, un pays peut être considéré démocratique ou peut le devenir. Mais pourquoi est-ce qu’un régime démocratique serait-il désirable ? C’est toujours Dahl qui dresse une liste des avantages qu’offre la démocratie. Les conséquences de la démocratie seraient l’annulation de la tyrannie, les droits essentiels, la liberté générale, l’autodétermination, l’autonomie morale, le développement humain, la protection des intérêts personnels essentiels, l’égalité politique une attitude pacifique et la prospérité.[ii]  

Comment atteindre la démocratie ? C’est par un processus de démocratisation qu’il faut passer. Voyons ce que cela signifie.

Bien sûr, la démocratisation, c’est le passage qu’un Etat fait d’un régime autoritaire à un régime démocratique. « Dans tous les régimes démocratiques les officiels principaux du gouvernement sont élus par l’intermédiaire des élections compétitives auxquelles la majorité de la population peut participer. Les systèmes démocratiques ont ainsi un noyau institutionnel qui établit leur identité. »[iii] Le changement institutionnel est donc un pas essentiel dans le processus de démocratisation. Selon Dahl, les institutions dont un Etat doit faire preuve pour être considéré démocratique, et qui découlent des cinq critères qui ont été mentionnés plus en haut, sont les suivantes : des officiels élus par vote, des élections libres, correctes et fréquentes, liberté d’expression, sources alternatives d’information, autonomie associationnelle et citoyenneté inclusive[iv].

La démocratisation peut être facilité par le développement économique. Le cas du Taiwan est bien connu, ce pays éprouvant une croissance économique extraordinaire dans la dernière décennie d’autoritarisme et ensuite au cours de la démocratisation. 

Huntington, en traitant des régimes autoritaires, parle de trois types : les systèmes à parti unique, les régimes militaires et les dictatures personnelles. Le Taiwan s’inscrit dans le premier groupe, cet Etat ayant été pour très longtemps sous la tutelle du parti communiste. Dans le cadre de ce régime, l’accès au pouvoir politique se faisait par le parti communiste et la légitimité de ce gouvernement été donnée par l’idéologie.[v] La compétition n’a pas existé au sein de ces régimes. Huntington remarque que la démocratisation du Taiwan dans les années 1990 a été précédée par une libéralisation. Cet auteur considère que la démocratisation d’un pays peut se faire par quatre types de transition démocratique : la transformation, le transplacement, le remplacement et par l’intervention extérieure.

Le Taiwan a souffert, quant à lui, un processus de transformation. La transformation, explique Huntington, apparaît lorsque les élites qui détiennent le pouvoir prennent l’initiative de la démocratisation. Comme pour tout pays communiste, le principal défi institutionnel pour le Taiwan a été de séparer le parti de l’Etat. Au Taiwan, l’opposition au parti unique, le KMT, promeut une autre vision sur l’identité de l’Etat : un Etat indépendant de la Chine. Pour le KMT, la démocratisation signifie qu’il participe à côté des autres partis aux élections, en vue d’imposer sa vision sur le pays. Il accepte la pluralité et le risque.

Huntington observe que la démocratisation par la transformation est un processus lent. Il en identifie cinq phases.[vi] La première, c’est l’émergence des réformateurs. Dans cette phase, au sein du parti unique, il y a des leaders ou de potentiels leaders qui proposent la démocratisation. La deuxième phase, c’est l’acquisition du pouvoir par ces réformateurs. Au Taiwan, cette prise de pouvoir a été facilitée par la mort du président Chiang Kai-shek et l’avènement de Chiang Ching-kuo, qui a commencé le processus de démocratisation, en se rendant compte des changements sociaux et économiques qui étaient survenus dans le pays.[vii] La troisième phase est l’échec de la libéralisation. Il s’agit d’une phase critique car s’est l’épreuve pour le régime autoritaire de survivre à la libéralisation. Si cela se passe, la démocratisation peut s’arrêter à mi-chemin. Pour que ce ne soit pas le cas, il faut que les libéralisateurs soient remplacés par des leaders plus décidés de mettre en place la démocratie. Au Taiwan, Chiang Ching-kuo a été remplacé par Lee Teng-hui[viii] en 1988 qui reste au pouvoir pour 12 années. La quatrième phase est celle de la légitimité orientée vers le passé. Il s’agit de vaincre les conservateurs. Pour faire cela, il faut retirer le pouvoir des conservateurs et le donner à ceux qui soutiennent les réformes, mais que cela ne se passe pas de manière totale et évidente pour que les rejetés ne réagissent pas en force. Il a fallu faire appel à une légitimité orientée vers le passé, de marcher sur l’idée de continuité pour ne pas justifier des résistances réactionnaires. Au Taiwan, le KMT a fait appel aux trois principes de Sun Yat-sen (« les principes du peuple ») – le nationalisme, la démocratie et l’égalité. C’était une manière d’assurer un consensus propice à la démocratisation pacifique. La cinquième phase a été celle de la cooptation de l’opposition. C’est le temps des négociations et des accords entre les pôles de pouvoir. Dans ce sens, le PDP a été le partenaire du KMT dans le processus de démocratisation du Taiwan. 

3.     La démocratie taiwanaise : éléments, défis 

Le Taiwan s’est démocratisé en optant pour un régime semi-présidentiel. Celui-ci ne fonctionne pas très bien en cas de cohabitation. Le président nomme le premier ministre et a le pouvoir de dissoudre le parlement s’il ne donne pas le vote de confiance au gouvernement. Par contre, le président n’a pas de pouvoir en ce qui concerne la légifération et l’organisation du budget.[ix]  Pour que le système fonctionne, on a besoin de la volonté de collaboration des partis. 

Dans une présentation écrite pour un symposium à Colombia University en 2001, qui s’intitule « How Democratic is Taiwan ? Five Key Challenges for Democratic Development and Consolidation »[x], Diamond identifie cinq problèmes dans la consolidation démocratique : la corruption, la faiblesse institutionnelle (le judiciaire), la polarisation des partis sur des raisons ethniques et l’attitude face à la Chine, les faiblesses du système constitutionnel, l’opinion publique doit assumer les valeurs démocratiques.   

Dans son travail, Diamond fait référence au score qu’obtient le Taiwan dans l’analyse de Freedom House. En regardant les données actuelles, on voit qu’en 2007 le Taiwan obtient 2 pour les droits politiques et 1 pour les libertés civiles (1 c’est pour « le plus libre » et 7 pour « le moins libre »)[xi]. En 2001, lorsque écrit Diamond le score était à l’inverse, mais la moyenne reste la même, ce qui qualifie le Taiwan comme une démocratie libérale. Mais ceci ne dit pas qu’il soit une démocratie consolidée. 

« Une démocratie est consolidée lorsque tous les acteurs politiques significatifs reconnaissent la légitimité de la démocratie et jouent selon les règles du jeu démocratique. »[xii] Il s’agit d’un accord entre les acteurs sur ce qui est du but et des moyens utilisables dans une démocratie. Diamond considère que le respect de la loi et le constitutionnalisme sont des indicateurs clé de convergence profonde des élites politiques. Mais au Taiwan on constate de grands problèmes de corruption au niveau des élites, dans les partis et dans les institutions étatiques. Il y a aussi des traces de crime organisé dans le système.

Pour ce qui est de la Constitution de l’Etat, une résolution pour des amendements constitutionnels a été initiée par le Yuan Législatif en août 2004[xiii]. Selon Robert Dahl, la Constitution peut influencer, en favorisant ou en défavorisant, la démocratisation d’un pays. Une Constitution influence la stabilité des institutions démocratiques, protège les droits fondamentaux, assure la neutralité, établit la responsabilité de ceux qui ont le pouvoir et les moyens pour les sanctionner, veille à une représentation équitable des citoyens, favorise le consensus avisé et le gouvernement efficace, assure la transparence et l’accessibilité, sa propre flexibilité et la légitimité du régime.[xiv]

Les premiers modifications constitutionnelles au Taiwan ont été approuvées en juin 2005 : on a introduit la possibilité de référendum national, on a réduit le nombre d’élus au parlement (ils en étaient 225) à demi, on a étendu le mandat législatif à quatre ans et on a modifié le système électoral. Diamond remarquait en 2001 que le Taiwan était le seul Etat à maintenir le système électoral SNTV (des circonscriptions à plusieurs candidats éligibles, les citoyens ayant à disposition un seul vote non transférable). Le changement s’est fait vers une simplification du système et on est passé à un système SMD (circonscription à un siège, les citoyens ayant à disposition deux votes) qui est en partie proportionnel, en partie de pluralité, en favorisant la majorité mais en donnant l’opportunité aux petits partis de s’affirmer[xv]. 

Les citoyens doivent soutenir eux aussi en très grand nombre les valeurs démocratiques pour qu’on puisse parler d’une démocratie consolidée. Plus précisément, il faut avoir le soutien de plus de 70% de la population pour le régime démocratique et que moins e 10% désirent un retour au gouvernement autoritaire.[xvi] Des les études réalisées en 2001 par le East Asian Barometer (devenu entre temps Asian Barometer ou ABS), on apprend qu’en 1998, 54% des citoyens considéraient que la démocratie est toujours préférable et 12% que parfois le régime autoritaire est à désirer.

En 1996, il y avait 60% des Taiwanais qui étaient satisfaits de la façon de fonctionner de la démocratie, en 2000 ils étaient 59%. Pour ce qui est de la confiance dans des institutions démocratiques spécifiques, en 1998 43% faisaient confiance aux Cours de justice, 49% à la Police, 53% à l’Armée, 42% au parlementaires, 48% aux fonctionnaires publics, 45% à la presse et 54% au gouvernement.[xvii] Malheureusement, des études plus récentes ne sont pas disponibles gratuitement, et d’ailleurs, l’étude commencée en 2006 par Asian Barometer[xviii] 

Pour ce qui est de la corruption, le Taiwan a été classé le 34e de 163 Etats participants à l’enquête menée en 2006 par Transparency International qui avait comme but d’évaluation les perceptions sur la corruption.

La presse taiwanaise est libre, sauf quelques restrictions pour la presse électronique. La liberté de culte est respectée, aussi bien que la liberté d’expression et la liberté d’association.

Pour ce qui est de la société civile, Freedom House nous apprend qu’au Taiwan, les ONG qui s’occupent des droits de l’homme, des problèmes sociaux et environnementaux sont très bien développées et sont actives. Les syndicats sont indépendants. La liberté d’association est restreinte quand même pour les employés gouvernementaux, les professeurs et ceux qui travaillent dans l’industrie de la défense.[xix] 

La police est sous contrôle civil mais elle est corrompue, la justice fonctionne correctement. Le sexe reste toujours un critère de discrimination dans la société taiwanaise, surtout sur le marché du travail, mais on constate une amélioration. 

4.     Conclusions et perspectives pour la démocratie au Taiwan 

Une idée très forte qu’on peut distinguer dans plusieurs études sur le Taiwan, c’est celle que la démocratie este devenue un facteur de désintégration de la société. En fait, cela vient de la superposition des clivages politiques entre les partis : le clivage ethnique et le clivage identitaire. Le Taiwan est divisé sur le problème de l’identité nationale. La démocratie affaiblit aussi de Taiwan en ce qui concerne la sécurité nationale. Ces idées sont exprimés par Cheng-yi LIN et Wen-cheng LIN, dans leur article « Democracy, Divided National Identity, and Taiwan’s National Security ».[xx] 

Apparemment, le Taiwan n’a pas réussi à intégrer ses diversités spécifiques dans la politique démocratique. La division selon l’identité nationale entraîne une série de problèmes. En effet, il y a quatre groupes ethniques majeurs au Taiwan : Minnanren, Hakka, Mainlanders (ce qui veut dire « habitant du continent », par opposition aux habitants des îles) et les Aborigènes[xxi]. Cette division ethnique non intégrée politiquement a semblé être devenue moins importante lorsque l’ex-président Lee a lancé et entretenu les concepts de « nouveau Taiwanais » et de conscience taiwanaise. Mais les divisions sont encore fortes, vu le fait qu’il y a encore des adeptes de l’unification du Taiwan avec la Chine (le concept « One China »). Et la Chine, de son côté, renforce sa position unificatrice : en mars 2004, on y vote la Loi Anti-Sécession, qui autorise la Chine d’intervenir militairement au Taiwan si celui-ci se sépare légalement (de jure) de la Chine.

Quels seraient les effets de a démocratisation du Taiwan pour ce qui est de sa position sur la scène internationale. Le Taiwan a mené toujours une sorte de propagande orientée vers l’extérieur pour s’attirer des alliés en concurrence avec la Chine[xxii]. Pour celle-ci, la démocratisation du Taiwan a signifié en premier lieu une plus grande probabilité de séparation. Les Etats-Unis accordent plus de confiance au Taiwan après la démocratisation. Les Etats du tiers monde, où le Taiwan intervient avec des aides, ne tiennent pas compte des différences survenues par la démocratisation. Les relations avec le Japon sont devenues plus étroites, grâce aussi à l’attention que la presse japonaise prête au Taiwan.

 On peut conclure sur un ton optimiste de happy-ending américain, avec une citation de l’Américain Collin Powel, secrétaire d’Etat en 2002, qui disait qu’« on se réfère au Taiwan comme au „problème taiwanais”. J’appelle Taiwan non pas un échec, mais une histoire de succès. Taiwan est devenu une économie déterminée, une démocratie vibrante et un contributeur généreux à la communauté internationale »[xxiii].

Simina Diaconu 

Bibliographie 

Livres

DAHL, Robert, Despre Democratie, Institutul European, Iasi, 2003

DIAMOND, Larry, Yun-han CHU, Marc F. PLATTNER, Hung-mao TIEN, Cum se consolideaza democratia, Polirom, Iasi, 2004

HUNTINGTON, Samuel, The Third Wave: Democratization in the Late Twentieth Century, University of Oklahoma Press, Norman, Oklahoma, 1991

Articles

HUNTINGTON, Samuel, „How Countries Democratize”, Political Science Quarterly, Vol. 106, No. 4, 1991-1992

LIN, Cheng-yi et LIN, Wen-cheng, « Democracy, Divided National Identity, and Taiwan’s National Security », Taiwan Journal of Democracy, Vol. 1, No.2, 2005

RAWNSLEY, Gary D., « Selling Democracy: Diplomacy, Propaganda and Democratisation in Taiwan », China perspectives, n°47, 2003

Sites Internet

http://www.stanford.edu

http://www.freedomhouse.org/

http://constitution.president.gov.tw/en 

http://www.asianbarometer.org



[i] Robert DAHL, Despre Democratie, Institutul European, Iasi, 2003, p. 39
[ii] Ibidem, p. 47
[iii] Samuel HUNTINGTON, „How Countries Democratize”, Political Science Quarterly, Vol. 106, No. 4, 1991-1992, p. 580
[iv] Robert DAHL, Despre Democratie, Institutul European, Iasi, 2003, p. 83
[v] Samuel HUNTINGTON, „How Countries Democratize”, Political Science Quarterly, Vol. 106, No. 4, 1991-1992, p. 580
[vi] Ibidem, p. 593
[vii] Ibidem, p. 594
[viii] Ibidem, p. 596

[ix] http://www.stanford.edu/~ldiamond/papers/taiwan.pdf consulté le 21 novembre 2007 (p. 14)

[xii] http://www.stanford.edu/~ldiamond/papers/taiwan.pdf consulté le 21 novembre 2007 (p. 3)
[xiv] Robert DAHL, Despre Democratie, Institutul European, Iasi, 2003, pp. 115-122

[xvi] http://www.stanford.edu/~ldiamond/papers/taiwan.pdf consulté le 21 novembre 2007 (p. 19)

[xvii] http://www.stanford.edu/~ldiamond/papers/howPeopleViewDem.pdf consulté consulté le 21 novembre 2007 (pp. 29-32)

[xx] Cheng-yi LIN et Wen-cheng LIN, « Democracy, Divided National Identity, and Taiwan’s National Security », Taiwan Journal of Democracy, Vol. 1, No.2, 2005, p. 69
[xxi] Ibidem, p. 71
[xxii]  RAWNSLEY, Gary D., « Selling Democracy: Diplomacy, Propaganda and Democratisation in Taiwan », China perspectives, n°47, 2003
[xxiii] Ibidem

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