timpul

Johnny, saxofonist, spune:
„ – Treaba asta cu timpul e complicată, mă încolțește din toate părțile. Încep să realizez încetul cu încetul că timpul nu-i ca o pungă pe care o tot umpli. Vreau să zic că, chiar dacă-i schimbi conținutul, în pungă nu încape decât o anumită cantitate și basta. Vezi valiza de colo, Bruno? Încap în ea două costume și două perechi de pantofi. Ei bine, închipuie-ți acum că o golești și apoi pui din nou înăuntru cele două costume și cele două perechi de pantofi, și atunci observi că nu încap decât un costum și o pereche de pantofi. Dar partea cea mai bună nu-i asta. Partea cea mai bună vine atunci când îți dai seama că poți pune o prăvălie întreagă în valiză, sute și sute de costume, așa cum umplu eu timpul cu muzică ori de câte ori cânt. Muzica și ceea ce-mi trece prin gând când merg cu metroul.”
(Julio Cortazar, „Urmăritorul” in Armele secrete, Humanitas, București, 2007)

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les vieux

nu-mi place când oamenii posteaza versuri pe bloguri. dar astea sunt foarte frumoase si adevarate.

Paroles : Jacques Brel
Musique : Jacques Brel, Gérard Jouannest et Jean Corti
(c) 1964 Éditions Pouchenel, Bruxelles

1
Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux,
Même riches ils sont pauvres, ils n’ont plus d’illusions, et n’ont qu’un
coeur pour deux.
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande, et le verbe d’antan,
Que l’on vive à Paris, on vit tous en province quand on vit trop longtemps.
Est-ce d’avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d’hier ?
Et d’avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent les paupières ?
Et s’ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d’argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui, qui dit non, qui dit : „Je vous attends”.

2
Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s’ensommeillent, leurs pianos sont
fermés,
Le petit chat est mort. Le muscat du dimanche ne les fait plus chanter,
Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de rides, leur monde est
trop petit,
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil, et puis du lit au lit,
Et s’ils sortent encore bras dessus, bras dessous, tout habillés de raide,
C’est pour suivre au soleil l’enterrement d’un plus vieux, l’enterrement
d’une plus laide,
Et le temps d’un sanglot oublier toute une heure la pendule d’argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui, qui dit non, et puis qui les attend.

3
Les vieux ne meurent pas, ils s’endorment un jour et dorment trop longtemps,
Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre, et se perdent pourtant
Et l’autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère,
Cela n’importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer.
Vous le verrez peut-être, vous le verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent. En s’excusant déjà de n’être pas plus loin.
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d’argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui, qui dit non, qui leur dit : „Je t’attends”,
Qui ronronne au salon, qui dit oui, qui dit non, et puis qui nous attend